Newsletter – Avril 2016

“Now we’ve got to accelerate the transition away from dirty energy. Rather than subsidize the past, we should invest in the future…”

Barack Obama, Discours sur l’Etat de l’Union, 12 janvier 2016

La transition énergétique et environnementale est plus que jamais d’actualité.

La tenue de la COP21 à Paris en décembre dernier a révélé une prise de conscience environnementale à l’échelle planétaire. 2015 a vu le réchauffement climatique s’accélérer : par rapport au précédent record datant de 2014, la température a augmenté de +0,13°C (soit un rythme séculaire de 13°C !). Le monde attend maintenant une réponse adaptée, qui passe forcément par une transition vers un monde de l’énergie et des matériaux moins producteurs de gaz à effet de serre.

La production d’électricité verte prend son essor depuis une dizaine d’années : l’éolien et le solaire représentent aujourd’hui plus de 5% de l’électricité française. Cette électricité verte est utilisée pour l’éclairage ou le chauffage, et depuis peu pour le  transport automobile en milieu urbain.

scema isobutene newsletter

Global Bioenergies contribue à la transition énergétique en apportant des solutions là où l’électricité renouvelable est inapplicable. Il s’agit pour nous de convertir des ressources renouvelables en :

  • essence, pour rendre moins polluant le transport automobile longue distance ;
  • kérosène, pour limiter l’impact négatif du transport aérien ;
  • matériaux, pour limiter les gaz à effets de serre issus du monde de la chimie.

Les carburants ou les matériaux produits à partir de ressources renouvelables génèrent 2 à 5 fois moins de gaz à effet de serre que leurs homologues produits à partir de ressources fossiles.
Certains pays, l’Allemagne et les pays nordiques en tête, se sont positionnés en champions des énergies propres et de l’économie circulaire. La France a une carte particulière à jouer dans le domaine de la biologie industrielle, où elle peut s’appuyer sur une agriculture forte et sur une tradition en microbiologie héritée de Louis Pasteur.

Global Bioenergies a été fondée sur la base d’une innovation de rupture permettant la conversion de ressources renouvelables (sucres, céréales, déchets agricoles, forestiers et industriels) en hydrocarbures.

marc_DELCOURT-fr7 ans plus tard, ces idées sont devenues une réalité, en laboratoire d’abord, et depuis l’an dernier en pilote industriel. 2016 verra la consécration de nos développements, avec la mise en route d’un démonstrateur industriel d’une capacité de 100 tonnes par an.

Un des principaux aspects de notre technologie repose sur la production fermentaire directe d’un gaz, qui rend plus facile et moins coûteuse la purification du produit. De la production de molécules gazeuses par fermentation découle un concept novateur, celui d’une usine « hybride », rencontre de la fermentation et de la pétrochimie.

La première usine de ce type devrait voir le jour d’ici trois ans sur le site de Pomacle-Bazancourt, près de Reims, et sera portée par IBN-One, une co-entreprise récemment créée par Global Bioenergies et Cristal Union, le n°2 du sucre en France. Un de ses atouts est sa flexibilité produits : à partir de la même molécule, – l’isobutène -, on peut produire des carburants, mais aussi des plastiques, des caoutchoucs, des peintures, des solvants…

« En cette année 2015, il y a urgence. Les gaz à effet de serre continuent en effet de s’accumuler dans l’atmosphère, au point d’aboutir, si rien n’était fait ou pas assez vite, à une situation irréversible. Ici, maintenant, il existe un « momentum » particulier [….].
La lutte contre le réchauffement climatique est à la fois une contrainte vitale et une opportunité essentielle pour un développement durable qui concilie économie, éthique et écologie. »

Discours d’ouverture de la COP21 par Laurent Fabius,
ministre des Affaires étrangères et Président de la COP21.

Ressources de première, deuxième et troisième génération.

Un des principaux atouts de Global Bioenergies est la flexibilité de sa technologie. Nous travaillons à adapter notre procédé à différentes ressources, qu’elles soient de première génération (sucre et céréales), de deuxième génération (déchets agricoles et forestiers) ou de troisième génération (effluents gazeux industriels, CO2 atmosphérique). C’est donc avec le souci constant de ne pas peser sur les marchés alimentaires que Global Bioenergies prépare le déploiement industriel de son procédé.

Un environnement de marché difficile. Les indicateurs du domaine ne sont pas tous au vert : la montée en puissance du pétrole de schiste aux Etats-Unis et la chute spectaculaire du cours du baril depuis septembre 2014 pèsent momentanément sur les acteurs de la transition énergétique.

L’avancement des programmes de Global Bioenergies n’a cependant pas été impacté par cet environnement tumultueux. La gestion rigoureuse de notre trésorerie leur a permis de poursuivre leur cours normal. En particulier, le calendrier de construction du démonstrateur de Leuna n’a pas été modifié.

‘‘Global Bioenergies a toujours géré sa trésorerie de façon extrêmement attentive.

Notre trésorerie, qui s’établissait à 10,4 M€ au 31 décembre 2015, a été renforcée par la réalisation d’une levée de fonds de 6,5 M€ en janvier. Notre visibilité s’étend maintenant au-delà du démarrage du démonstrateur de Leuna, une étape-clé de création de valeur pour la société. Nous avons les moyens de nos ambitions’’

François-Henri Sahakian,
Directeur Administratif et Financier de Global Bioenergies

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Comment le marché du pétrole va-t-il évoluer dans les prochaines années ?

Alors que le monde se préparait à l’atteinte du pic pétrolier, un afflux subit de pétrole de schiste est venu modifier la donne. Cette situation parait très temporaire, et le rééquilibrage du marché est en fait déjà en cours, sous l’effet conjugué de la baisse de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis et de la hausse de la demande émanant des pays émergents. En effet, le surplus de pétrole devrait s’effacer dès le 3ème trimestre 2016, selon l’IEA.

La baisse massive des investissements réalisés par les compagnies pétrolières ces derniers mois laisse même penser que le balancier pourrait aller très loin dans l’autre sens. La cyclicité des marchés de l’énergie n’est pas nouvelle…
La société sera au rendez-vous pour participer pleinement à la transition énergétique et environnementale, un des principaux enjeux de ces prochaines années.

IEA-rapport-mensuelIEA rapport mensuel 9 février 2016

A quel prix du baril la technologie de Global Bioenergies est-elle compétitive ?

Le procédé Isobutène de Global Bioenergies peut être exploité sur certains marchés avec un baril de pétrole à 50$. D’autres marchés, dans le domaine de la chimie de commodité notamment, s’ouvrent à 80$ le baril. Enfin, sur le plus long terme c’est le marché immense de l’ensemble des carburants, en l’absence de toute incitation règlementaire ou fiscale, qui s’ouvrira lorsque le baril dépassera de nouveau les 120$.

Global Bioenergies a toujours respecté ses promesses.

Nous faisons ce que nous d isons, et nous disons ce que nous faisons, c’est une des marques de la culture de la société, qui remonte aux conditions de sa fondation. En effet, lors de sa création fin 2008, Global Bioenergies présentait la particularité d’être une création ex nihilo, et non pas une spin-off issue d’une institution académique ou d’un groupe industriel. La crédibilité de la société ne pouvait donc s’assoir que sur des réalisations concrètes à court terme, et sur un continuum de promesses tenues.

Tout d’abord, la société a su développer les fondamentaux de sa technologie : le procédé Isobutène, purement théorique en 2008, fonctionne aujourd’hui en laboratoire avec des performances élevées (70% du rendement commercial cible annoncé en juillet 2015). En se basant sur ce socle, la société a entrepris avec confiance l’industrialisation et la montée en échelle du procédé, tout en poursuivant son optimisation incrémentale.

fermenteurs-laboratoire-isobutene-global-bioenergiesFermenteurs de l’unité de R&D d’Evry

Conséquence et corollaire obligatoire de ce travail, le portefeuille de propriété intellectuelle exploité par Global Bioenergies compte aujourd’hui une trentaine de familles de demandes de brevet. 27 brevets sont déjà délivrés dans 11 pays/territoires dont l’Europe, les Etat- Unis, la Chine et le Japon.

Le portefeuille de projets et de brevets de la société ne s’arrête d’ailleurs pas à l’isobutène : un pipeline de programmes visant d’autres molécules (butadiène et propylène) suit la voie tracée par le programme Isobutène.

Les résultats scientifiques et industriels ont permis à Global Bioenergies de conclure des accords avec des partenaires privés (Audi, Arkema, Cristal Union, Synthos, LanzaTech) et des organismes publics (Bpifrance, ADEME, Ministère Allemand de la Recherche). Là encore, les promesses ont été tenues. Les nombreux communiqués de presse annonçant l’atteinte de jalons ou étapes-clés dans le cadre de ces accords témoignent de l’obsession de la société à tenir ses engagements.

Progressivement, la Société a su attirer à elle, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis, des managers figurant parmi les plus expérimentés du domaine. C’est cette équipe soudée autour du projet et des valeurs de la société qui porte aujourd’hui le pari de Global Bioenergies : devenir un des principaux acteurs de la transition énergétique et environnementale.

Le procédé Isobutène aborde la dernière phase de son développement.


Dès le printemps 2015, notre pilote industriel permettait de produire et livrer les premiers échantillons d’isobutène et d’isooctane à nos partenaires Arkema et Audi. Ces derniers mois, nous avons reçu des demandes émanant de nombreux acteurs industriels appartenant à différents domaines. Au-delà du test des échantillons, l’idée de ces acteurs est bien entendu de préparer le moment où de l’isobutène biologique sera disponible en grande quantité, une fois l’usine IBN-One en opération.

Nous attendons avec impatience le démarrage de notre démonstrateur. Sa construction sur le site de la raffinerie de Leuna en Allemagne se terminera à l’été 2016, et ses opérations débuteront peu après. Il est construit sur le modèle des futures usines commerciales. L’ensemble du dispositif représente un investissement d’environ 10 millions d’euros, couvert par une subvention de l’Etat Fédéral Allemand (5,7 millions d’euros) et par un prêt émanant de quatre banques françaises (4,4 millions d’euros).

Le démonstrateur de Leuna, d’une capacité de 100 tonnes d’isobutène haute pureté (>99,7%) par an, représentera la dernière phase du développement du procédé. Il nous permettra de livrer un nombre croissant d’industriels, et de préparer ainsi les accords commerciaux à signer en amont de l’ouverture d’IBN-One. Ce démonstrateur se situe sur le chemin critique qui emmènera Global Bioenergies au succès. L’ensemble de la société, en France, en Allemagne et aux Etats-Unis, est mobilisée pour tenir ce pari et être à l’heure à ce rendez-vous déterminant.

audi‘‘Audi se prépare à participer à la transition énergétique. Nous avons examiné un grand nombre de technologies, et nous considérons que celle de Global Bioenergies est l‘une des rares à offrir une solution concrète et crédible. Nous voyons deux principales étapes à venir pour notre concept d‘essence renouvelable, connu sous le nom de Audi e-benzin : faire fonctionner le procédé Isobutène de Global Bioenergies à l’échelle du démonstrateur, aujourd’hui en construction à Leuna, et nous assurer que la technologie peut fonctionner avec des ressources non dérivées de la biomasse, en conformité avec la stratégie d’Audi concernant les carburants renouvelables, appelés Audi e-fuels’’

Reiner Mangold, directeur du développement durable chez Audi

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Global Bioenergies dans 5 ans.

Au-delà du démonstrateur, qui fonctionnera dès cette année, nos yeux sont maintenant rivés sur IBN-One, notre projet de première usine de pleine taille. Il s’agit de construire une usine sur le site de Pomacle-Bazancourt, près de Reims, pour y convertir chaque année du sucre de betteraves non-alimentaire en 50 000 tonnes d’isobutène fermentaire.

La fin des quotas betteraviers en Europe se traduira logiquement par une production sucrière en forte hausse. Les industriels du domaine devront trouver des débouchés supplémentaires. La participation au projet IBN-One de Cristal Union, un des premiers producteurs de sucre en Europe, s’inscrit dans ce contexte.

‘‘Le Groupe Cristal Union, qui a, entre autres missions, de trouver des débouchés profitables aux productions de ses coopérateurs, a anticipé la fin des quotas sucriers en 2017 en menant une politique volontariste de développement des biocarburants et de leur prolongement naturel dans la chimie du végétal. Notre première prise de participation au capital de Global Bioenergies en 2011 tout comme notre participation actuelle à IBN-One incarnent cette stratégie de développement du Groupe.’’

Xavier Astolfi,
 Directeur Général Adjoint chez Cristal Union

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Directeur-General-Adjoint-Cristal-Union

Le modèle d’affaires de Global Bioenergies est de concéder des licences à des industriels exploitants. La Société a vocation à se trouver progressivement diluée dans le capital d’IBN-One lors des différentes étapes du financement de l’usine, et se rémunérera par une licence d’exploitation du procédé, déjà signée entre Global Bioenergies et IBN-One.

Une partie de l’isobutène produit sera convertie sur site en isooctane, le seul bio-carburant miscible sans limite de proportion dans l’essence. Cette propriété vaut à l’isooctane d’être qualifié de biocarburant « drop-in ». Avec son indice d’octane de 100 et sa faible volatilité, l’isooctane est un biocarburant « premium » qui permet d’augmenter les performances des essences.

En France, la proportion obligatoire de biocarburants dans les carburants est fixée à 7% (en contenu énergétique). Le pourcentage moyen plafonne cependant à 6%, du fait de limites techniques liées au « mur de mélange » entre l’éthanol et l’essence. L’isooctane produit par IBN-One permettra de franchir ce mur de mélange.

IBN-One fournit une double réponse à une contrainte environnementale, transformée en incitation fiscale par le législateur, et à un besoin de débouchés supplémentaires pour l’agriculture européenne.

En France, la loi de Transition pour l’Energie vise l’incorporation de 15% de biocarburant en 2030, au lieu des 7% actuels. L’ensemble de l’Europe s’inscrit sur cette même trajectoire, et le reste de l’OCDE devrait suivre l’exemple européen. C’est donc l’implantation de toute une série d’usines, avec une géographie très large, qui est visée. Ces usines futures permettront la création de nombreux emplois stables en zone rurale, et contribueront au redressement industriel de l’Europe.

A côté des biocarburants, IBN-One produira également de l’isobutène haute-pureté pour l’industrie de la chimie. L’isobutène est utilisé pour fabriquer des caoutchoucs, différents plastiques, ainsi que des additifs pour les peintures et les cosmétiques.

D’ici un an, nous nous attendons à ce que Global Bioenergies dispose d’une technologie mature, prête à être déployée à grande échelle. La société se prépare ainsi à prendre une place importante dans la transition énergétique et environnementale qui s’annonce, en basculant une partie des industries liées aux hydrocarbures fossiles vers l’utilisation de ressources renouvelables.

Les prochains mois et les prochaines années témoigneront de la réussite de ce pari ambitieux.

7 RAISONS DE CROIRE EN L’AVENIR DE GLOBAL BIOENERGIES

  1. La biologie industrielle permettra de fournir des alternatives renouvelables aux carburants et aux matériaux d’origine fossile, et constitue un des piliers de la transition énergétique et environnementale à venir.
  2. Le procédé Isobutène de Global Bioenergies aboutit à de la véritable essence, miscible sans contrainte avec l’essence d’origine pétrolière, et à des matériaux indissociables de leurs équivalents fossiles.
  3. Le principe fondateur du procédé, – la production d’hydrocarbures gazeux en une seule étape, par fermentation directe -, est simple, efficace et économique.
  4. Le procédé est soutenu par une science de haut niveau, comme en témoignent les brevets, les résultats, les partenariats industriels de la société.
  5. La biologie industrielle est un domaine d’excellence de la France, qui s’appuie sur une agriculture forte et une histoire en microbiologie héritée de Louis Pasteur.
  6. Maturité technologique et nécessité économique et environnementale commencent à converger.
  7. Global Bioenergies a su construire une équipe expérimentée et soudée autour du projet et des valeurs de la société, et a toujours tenu ses promesses.

“Durant les trois décennies de mon implication active dans la biologie industrielle ont eu lieu de profondes améliorations des possibilités technologiques et des stratégies commerciales nécessaires au succès. Je suis convaincu que le domaine va prendre une importance croissante, alors que les transitions énergétique et environnementale actuelles vont continuer de se renforcer. Je considère que Global Bioenergies est très bien placée pour déployer ses technologies

innovantes dans ce monde où l’industrie et la société demandent tous deux des carburants et des matériaux renouvelables, bon marché et associés à une empreinte carbone réduite. »

John Pierce, Président du conseil d’administration de Global Bioenergies

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