Depuis longtemps, des composés chimiques sont produits industriellement par des micro-organismes naturels ou modifiés, tels que la levure de bière ou des champignons producteurs d’antibiotiques. Le développement de la biologie moléculaire a ouvert des horizons nouveaux : ainsi, il est maintenant possible de modifier de façon ciblée le génome de micro-organismes.
Toutefois, ces nouvelles technologies ne sont pas encore utilisées dans toutes leurs possibilités : les efforts se concentrent sur le renforcement de voies métaboliques naturelles. Il semble pourtant possible de créer des voies métaboliques totalement nouvelles, c’est-à-dire reposant sur des activités enzymatiques n’existant pas dans la nature, et faisant appel à des métabolites inédits.
C’est une telle voie métabolique totalement artificielle que nous avons mise en place. Cette première mondiale ouvre de nouvelles perspectives à la biologie synthétique, amenée à suppléer la chimie de synthèse traditionnelle dans les prochaines décennies.
La voie métabolique mise en place permet de transformer les ressources renouvelables, telles que la canne et la betterave à sucre, ainsi que les céréales, en isobutène, un synthon pouvant être facilement converti en carburants et plusieurs polymères.